Effets de l’immersion dans l’eau selon la température du bain

L’utilisation des immersions dans l’eau à visée thérapeutique a débuté dès l’antiquité. Hérodote, dans les années 400 avant J. C, a institué les premières lois du thermalisme.

Depuis le début du siècle, l’hydrothérapie prend en compte la composition des eaux mais aussi leur température pour définir la qualité des bains prescrits. Une classification de la température de l’eau a été établie :

  • bain froid : de 13° à 25°
  • bain frais : de 25° à 32°
  • bain indifférent : de 32° à 35°
  • bain chaud : de 36° à 39°
  • bain pénible : de 39° à 47°

Les effets de l’immersion dans l’eau ont fait l’objet d’études approfondies.

Weston & al. ont étudié les variations hémodynamiques chez l’être humain (9 hommes et 7 femmes, moyenne d’âge 34 ans) pendant l’immersion dans l’eau pendant 30 min à différentes températures. Ils ont montré qu’avec l’augmentation de la température de 33° à 39°, il existait une augmentation progressive du débit cardiaque, du volume d’éjection ventriculaire et de la fréquence cardiaque ; les résistances périphériques, elles, diminuaient. La température corporelle des hommes et femmes étudiés n’a pas varié significativement aux températures de 33° et 35° par rapport à la température basale, mesurée après 20 min de repos, dans une pièce chauffée à 28°. Dans le bain à 37°, la température passait d’une médiane de 36.7 +/- 0.1° à 37.2 +/- 0.1° et la fréquence cardiaque augmentait en moyenne de 5 pulsations par minute. Dans un bain à 39°, la température médiane augmentait à 38.3 +/- 0.1° et la fréquence cardiaque de 25 pulsations par minute. La pression artérielle systolique n’a pas présenté de variation significative. La pression artérielle diastolique, elle, a chuté progressivement avec l’augmentation de la température du bain avec une diminution moyenne de 18 mmHg à 37° et de 30 mmHg à 39°.

Mesrogli & al. ont étudié les réactions maternelles et foetales pendant des immersions de 20 min dans des bains chauds (34°-38°) durant le troisième trimestre de grossesse. 41 femmes suivies sur 100 bains de 30 min, encadrés de 20 min de repos en décubitus latéral sur un lit. La surveillance foetale se faisait par cardiotocographie continue et sur les mouvements actifs. La femme était surveillée par la pression artérielle, la fréquence cardiaque et la température corporelle. Le rythme cardiaque foetal n’a pas présenté de variation significative avant, pendant et après le bain. Les mouvements actifs du foetus ont augmenté pendant le bain d’eau chaude. Celui-ci apportait une bonne stimulation du foetus sans stress physiologique. Sur les 41 femmes étudiées, les variations de température corporelle sont restées faibles, avec une minimale à 36.7° et une maximale à 38° qui a persisté pendant 20 min après le bain.

Selon Mesrogli, lors d’une augmentation de la température, l’utérus reçoit un volume sanguin plus important. Le bain chaud apporte un effet positif sur la perfusion foeto-placentaire. La circulation foetale ne réalise pas seulement un transport de l’oxygène, des autres gaz et des nutriments mais aussi un sîte d’échange pour la dissipation de la chaleur foetale. Lorsqu’il existe une hyperthermie foetale, le débit sanguin ombilical s’élève[Cefalo] R. et Hellegers Le bain chaud favorise parallèlement la diurèse avec une perte de poids de 300 gr en moyenne après 30 min de bain chaud [19].

Comme Weston [19] et Mesrogli [20], Power a démontré que la température du foetus dépasse, de 0.5° à 1° la température maternelle.

Pour éviter une hyperthermie foetale avec l’augmentation de la consommation en oxygène, les risques d’acidose et de souffrance foetale induits, la température du bain devra rester proche de 37° . Dans l’étude de Mesrogli, le bain à 38°, pendant 30 min, n’a pas entrainé de déccélarations ou d’accélérations pathologiques du rythme cardiaque foetal.

Mesrogli [20] a noté une action positive du bain chaud sur la perfusion foeto-placentaire, la natriurèse et la diurèse. Il propose une thérapie par le bain chaud dans les dysgravidies sous surveillance cardiotocographique continue.

Nous pouvons conclure que l’immersion dans un bain à la température de 37° n’entraine pas de variations hémodynamiques pathologiques maternelles et foetales.