Introduction

« L’OBSTÉTRIQUE SE MET A L’EAU »

Accouchement aquatique : mise au point . . .

A partir de la thèse de doctorat en médecine du Docteur Anne Bourgeois

 

Depuis ces dernières décennies, l’obstétrique moderne a réalisé d’importants progrès. Elle a permis l’amélioration de la prise en charge des grossesses et accouchements à hauts risques. Sa sophistication a apporté une sécurité et un confort supplémentaire pour les femmes exigeant une surveillance accrue pendant la grossesse et l’accouchement. La mortalité materno-foetale a régressé.

 

Cependant, la grossesse et l’accouchement pathologiques sont devenus les modèles qui définissent la prise en charge de la maternité en général. La citation « No birth is normal except rétrospectively » résume bien la philosophie actuelle de la prise en charge obstétricale. Il existe aujourd’hui une exclusion du principe physiologique de la maternité.

L’accouchement est le plus souvent pris en charge de façon médicalisée, associant la position lithotomique traditionnelle avec analgésie péridurale et épisiotomie. L’hôpital prend alors un caractère inhospitalier, facteur de stress et d’insatisfaction pour la parturiente. De nombreuses femmes recherchent d’autres alternatives d’accouchements et demandent surtout la possibilité du choix en fonction de leur propre sensibilité.

 

 

L’accouchement aquatique est une des alternatives qui se répand dans les pays occidentaux. En 1992 et 1993 ont été recensées en Angleterre et Pays de Galles, 8255 femmes qui ont pris un bain chaud pendant le travail et 4494 naissances dans l’eau. La France n’a sans doute pas atteint ce niveau, mais de nombreuses maternités s’équipent en baignoire de relaxation et les accouchements dans l’eau se développent.

 

Les alternatives à l’accouchement classique deviennent aujourd’hui une réalité conséquente que nous devons prendre en compte et évaluer en fonction des risques et des bénéfices. Le choix des femmes pourra alors être respecté, sans que la sécurité qui a été acquise ces dernières années ne soit remise en cause.

 

Cet exposé propose, après quelques mises au point sur les limites de la prise en charge classique de l’accouchement, une actualité de l’accouchement aquatique.

A travers la présentation d’une technique d’accouchement aquatique et ses résultats et la revue de la bibliographie nous nous proposons d’étudier :

  • les effets hémodynamiques de l’immersion dans l’eau sur la mère et l’enfant selon la température.
  • les effets de l’immersion dans l’eau chaude sur la respiration foetale et de définir les risque d’inhalation.
  • les intérêts et les risques du bain chaud pendant le travail.
  • les intérêts et les risques de l’accouchement aquatique.

Nous tenterons après cet exposé de définir l’intérêt et les limites de l’accouchement aquatique et d’en exposer les règles de sécurité à respecter. A travers ces règles, nous vérifierons si la technique présentée correspond aux critères demandés et si il est envisageable d’intégrer l’utilisation de l’immersion dans l’eau pendant l’accouchement dans la stratégie obstétricale.